Avec ce prix, l’ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée), consacre, pour la deuxième fois, un auteur exigeant, spécialiste de la chronique villageoise. Pascal Rabaté avait été honoré en 1998 pour son album
Un ver dans le fruit.
Les petits ruisseaux aborde, avec beaucoup d’humour et de tendresse, les amours du grand âge, l’un des derniers sujets tabous de la société française, sans jamais tomber dans la vulgarité et la paillardise. Outre la finesse de la narration, la saveur des dialogues et l’originalité du sujet, il faut aussi insister sur la vitalité du graphisme ! Enfin, ce petit joyau de simplicité nous montre la vie telle qu’elle est, nous rappelant, avec une infinie délicatesse, que faire l’amour n’est pas réservé uniquement à ceux qui sont jeunes et beaux !
© ACBD
Quand on est vieux, les activités se calment : on pèche, on fait le marché, on va au café… Certains n'oublient pourtant d'étoffer leur vie amoureuse comme Edmond qui non seulement fait des rencontres par agence mais peint des nus. Un jour, il s'en confie à Émile qui tombe des nues ! À la mort d'Edmond et après avoir récupéré deux de ses tableaux promis au feu, Émile se dit que son copain n'avait pas tort et décide de prendre la vie à bras le corps d'autant que la nudité des femmes hante de plus en plus ses pensées. Il refuse les vacances que lui offrent ses enfants, revoit la femme que connaissait Edmond et part avec sa petite voiture électrique, en pèlerinage, dans une maison d'enfance. Il y rencontre des jeunes hippies qui aiment la vie naturelle, la nudité, l'amour et le haschich. Autant dire qu'Émile y vit un véritable bain de Jouvence.