Etats généraux de la bande dessinée

Communiqué du 4 février 2015

EGBD_logoL’ACBD a été sollicitée pour adhérer à l’association des États généraux de la bande dessinée (EGBD). Voici la copie de la réponse adressée à Benoît Peeters (président des EGBD, mais aussi membre associé de l’ACBD) par le président de l’ACBD, au nom du bureau de l’association, le 9 décembre 2014 :

 « Cher Benoît,

Pour faire suite à ta demande, je te confirme que les membres de l’ACBD et l’ACBD en tant que telle suivront bien sûr avec un grand intérêt les travaux des États généraux, et en rendront compte. Étant par nature des commentateurs, des observateurs, nous ne pouvons pas adhérer directement à une association dont nous ne pouvons être engagés par les prises de position, ni coorganiser ces États généraux. En revanche, nous serions tout à fait disposés à participer à des débats et échanges avec les États généraux si nous sommes sollicités, en apportant notre point de vue et notre regard en tant que journalistes et critiques. »

 

Depuis ce courrier, les États généraux de la bande dessinée se sont ouverts. Nos membres suivent avec attention le processus en cours. Ils étaient d’ailleurs nombreux le vendredi 30 janvier au théâtre d’Angoulême et ont rendu compte de l’événement dans leurs organes respectifs. L’ACBD en tant que telle reste prête, si on la sollicite, à participer/intervenir dans les EGBD pour apporter son regard en tant qu’association de journalistes et de critiques, notamment sur le rôle et l’évolution de la presse et de la critique BD, voire à des études sur ce sujet. Elle est bien sûr également prête à communiquer les données dont elle dispose (notamment ses rapports annuels sur la production de bandes dessinées dans l’espace francophone européen) et à répondre à toute question sur la manière dont elle travaille.

 

Le bureau de l’ACBD

Fabrice PIAULT (Livres Hebdo)
Jean-Christophe OGIER (France Info)
Antoine GUILLOT (France Culture)
Gilles RATIER (L’Écho du Centre)
Laurent TURPIN (bdzoom.com)
Patrick GAUMER (Dictionnaire mondial de la BD « Larousse »)
Jérôme BRIOT (Zoo)

Remise du Grand Prix de la Critique ACBD 2015

Angoulême, 29 janvier 2015

Le Grand Prix de la Critique ACBD 2015 a été remis à Antonio Altarriba et à Keko, jeudi 29 janvier 2015, au Musée de la Bande Dessinée d’Angoulême, en public et en présence de nombreux auteurs et journalistes.

Ce prix récompensait leur livre « Moi, Assassin » paru chez Vertige Graphic.

de gauche à droite : Fabrice Piault, président de l'ACBD, Antoine Guillot, vice-président, Antonio Altarriba brandissant le trophée et Keko, dessinateur de Moi, Assassin

de gauche à droite : Fabrice Piault, président de l’ACBD, Antoine Guillot, vice-président de l’ACBD, et les auteurs de Moi, Assassin :  le scénariste Antonio Altarriba qui brandit le trophée et le dessinateur Keko.

 

 Comme il est de coutume, le Grand Prix de la Critique est 2015 était matérialisé par une oeuvre offerte par le lauréat précédent. Chloé Cruchaudet, Grand Prix de la Critique 2014 pour son livre Mauvais Genre paru aux éditions Delcourt, s’est emparée de l’univers de Moi, Assassin et a réalisé cette sculpture dessinée, remise aux lauréats 2015.

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Remise du Prix et discours d’Antonio Altarriba :

Image de prévisualisation YouTube
Prise de vues et montage : Thierry Lemaire

 

L’ACBD remercie la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême pour son accueil.

Attentat contre Charlie Hebdo

Paris, le 7 janvier 2015
 
L’ACBD exprime sa douleur et sa colère face à l’attentat qui a frappé Charlie Hebdo, sa solidarité et son soutien à nos collègues, journalistes et dessinateurs, aux policiers et à leurs familles.
 
Nous saluons la mémoire des grands auteurs qui ont été lâchement assassinés, dans l’exercice de leur métier. C’est leur liberté d’expression, fût-elle considérée blasphématoire par certains, et donc la nôtre à tous qui a été attaquée. 
 
Charlie Hebdo, c’est nous tous.
 

Le bureau de l’ACBD

Fabrice PIAULT (Livres Hebdo)
Antoine GUILLOT (France Culture)
Jean-Christophe OGIER (France Info)
Gilles RATIER (L’Écho du Centre)
Laurent TURPIN (bdzoom.com)
Patrick GAUMER (Dictionnaire mondial de la BD “Larousse”)
Jérôme BRIOT (Zoo)

Rapport Ratier 2014 sur la production de bandes dessinées

actualités – décembre 2014

Le rapport 2014 sur la production de bandes dessinées dans l’espace francophone européen, rédigé et coordonné par Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD, est disponible :

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À découvrir et à télécharger : Rapport ACBD 2014 : l’année des contradictions

Grand Prix de la Critique ACBD 2015

Communiqué du 7 décembre 2014

L’ACBD, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée, vient de décerner le Grand Prix de la Critique ACBD 2015 à « Moi, assassin » d’Antonio Altarriba et Keko, édité chez Denoël Graphic

 

moi-assassin« Moi, assassin » est l’histoire cruelle et pathétique d’un professeur d’esthétique englué dans les rivalités académiques et devenu tueur en série pour appliquer ses théories radicales sur l’assassinat considéré comme l’un des beaux-arts.


Avec ce prix, l’ACBD consacre un roman graphique noir et rouge, un polar urbain amoral, qui brosse un portrait acide de l’Espagne contemporaine, notamment confrontée à la question basque, et porte une réflexion brillante sur la représentation de la beauté du monde.

Il n’est pas surprenant que le scénariste espagnol Antonio Altarriba, 62 ans, soit aussi professeur de littérature française, essayiste, romancier et critique de bande dessinée. Associé au dessinateur Keko, de son vrai nom José Antonio Godoy Cazorla, de dix ans son cadet, Altarriba incarne le renouveau d’une bande dessinée espagnole exigeante qui multiplie les coups d’éclat depuis une demi-douzaine d’années. Le précédent ouvrage d’Antonio Altarriba, « L’Art de voler » (dessin de Kim, éditions Denoël Graphic) avait obtenu en 2010 le Prix national de la bande dessinée du ministère de la culture espagnol. 

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Le Grand Prix de la Critique ACBD a pour ambition de « soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, un livre de bande dessinée, publié en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie. »

L’ACBD compte 84 journalistes et critiques qui parlent régulièrement de bande dessinée dans la presse régionale et nationale écrite, audiovisuelle et numérique. Le Grand Prix de la Critique ACBD 2015 a été choisi parmi les 3 943 nouveaux titres publiés dans l’espace francophone européen (France, Belgique, Suisse) entre novembre 2013 et fin octobre 2014.

 

Le bureau de l’ACBD

Fabrice PIAULT (Livres Hebdo)
Antoine GUILLOT (France Culture)
Jean-Christophe OGIER (France Info)
Gilles RATIER (L’Écho du Centre)
Laurent TURPIN (bdzoom.com)
Patrick GAUMER (Dictionnaire mondial de la BD “Larousse”)
Jérôme BRIOT (Zoo)

 

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Les 5 finalistes du Grand Prix de la Critique ACBD 2015

Blois, le 22 novembre 2014

Dans le cadre du 31e festival de la bande dessinée de Blois « bd BOUM », les membres de l’ACBD présents ont retenu pour la dernière étape de sélection du Grand Prix de la Critique ACBD 2015 :

  • Blast T4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent de Manu Larcenet, Dargaud
  • Cœur glacé de Johan De Moor et Gilles Dal, Le Lombard
  • La Lune est blanche d’Emmanuel Lepage et François Lepage, Futuropolis
  • Moi assassin de Keko et Antonio Altarriba, Denoël graphic
  • Ulysse, les chants du retour de Jean Harambat, Actes Sud BD

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Consécutivement aux votes de ses membres actifs, l’ACBD annoncera le lundi 8 décembre 2014 lequel, parmi ces cinq titres, est  lauréat du Grand Prix de la Critique ACBD 2015

Les 15 albums sélectionnés pour le débat de l’ACBD à Blois

Communiqué du 19 novembre 2014

GRAND PRIX DE LA CRITIQUE ACBD 2015
LISTE DES 15 ALBUMS BD SÉLECTIONNÉS POUR LE DÉBAT DE L’ACBD À BLOIS

Le Grand Prix de la Critique ACBD a pour ambition de « soutenir et mettre en valeur, dans un esprit de découverte, un livre de bande dessinée, publié en langue française, à forte exigence narrative et graphique, marquant par sa puissance, son originalité, la nouveauté de son propos ou des moyens que l’auteur y déploie ». Les votes des 79 membres actifs de l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée (ACBD) ont abouti, au deuxième tour, à la liste suivante.

  • Aâma T4 : Tu seras merveilleuse, ma fille de Frederik Peeters, Gallimard
  • L’Arabe du futur : une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) de Riad Sattouf, Allary éditions
  • Blast T4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent de Manu Larcenet, Dargaud
  • Charly 9 de Richard Guérineau d’après Jean Teulé, Delcourt
  • Cœur glacé de Johan De Moor et Gilles Dal, Le Lombard
  • Docteur Radar, tueur de savants de Frédéric Bézian et Noël Simsolo, Glénat
  • Love in vain : Robert Johnson 1911-1938 de Mezzo et Jean-Michel Dupont, Glénat
  • La Lune est blanche d’Emmanuel Lepage et François Lepage, Futuropolis
  • Moi assassin de Keko et Antonio Altarriba, Denoël graphic
  • Moby Dick T1&2 de Christophe Chabouté d’après Herman Melville, Vents d’Ouest
  • Rouge comme la neige de Christian de Metter, Casterman
  • Ulysse, les chants du retour de Jean Harambat, Actes Sud BD
  • Les Vieux Fourneaux T1&2 de Paul Cauuet et Wilfrid Lupano, Dargaud Benelux 
  • La Vision de Bacchus de Jean Dytar, Delcourt
  • Voix de la nuit d’Ulli Lust d’après Marcel Beyer, Çà et là     

 

Les journalistes et critiques membres actifs de l’ACBD vont maintenant se réunir pour débattre, le samedi 22 novembre 2014, à Blois, dans le cadre du Festival « bd BOUM ».

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Ils annonceront, le soir même, la sélection des 5 titres issus de cette liste, albums parmi lesquels tous les membres actifs de l’ACBD choisiront par correspondance, dans les jours suivants, le Grand Prix de la Critique ACBD 2015.

 

Le bureau de l’ACBD :

   Fabrice PIAULT (Livres Hebdo)
   Jean-Christophe OGIER (France Info)
   Antoine GUILLOT (France Culture)
   Gilles RATIER (L’Écho du Centre)
   Laurent TURPIN (bdzoom.com)
   Patrick GAUMER (Dictionnaire mondial de la BD “Larousse”)
   Jérôme BRIOT (Zoo)

Remerciements d’Atsushi Kaneko pour le Prix Asie de la Critique ACBD 2014

Un message d’Atsushi Kaneko, lauréat du Prix Asie de la Critique ACBD 2014 pour Wet Moon :

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« Merci ! Je suis extrêmement honoré et touché que ce  prix prestigieux ait été décerné à Wet Moon. Du fond du cœur, merci ! Les lecteurs français ont cette particularité de s’approprier une œuvre, de chercher à en percer tous les secrets. Le récit labyrinthique qu’est Wet Moon ne pouvait pas trouver meilleur public.

J’aimerais témoigner ici toute ma gratitude aux lecteurs, aux libraires, aux journalistes et aux éditeurs qui me suivent ! J’espère pouvoir bientôt tous vous remercier de vive voix. J’aime la France !! »

                                                                                                                                            Atsushi Kaneko

 

[note : les passages en italique, hors titres, sont en Français dans le texte.]
Traduction de Wladimir Labaere, éditeur Asie chez Casterman.

Wet Moon, Prix Asie de la Critique ACBD 2014

Prix Asie de la critiqueActualité – juillet 2014

Wet Moon d’Atsushi Kaneko,
Prix Asie de la Critique ACBD 2014

Dans le cadre du festival Japan Expo, l’ACBD (Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée) décerne le Prix Asie de la Critique ACBD 2014 à Wet Moon d’Atsushi Kaneko publié aux éditions Casterman.

Ce prix distingue une bande dessinée asiatique d’exception, parue en français entre juillet 2013 et juin 2014.

 

Wet Moon, prix Asie de la Critique ACBD 2014Influencé par l’underground américain, ses fanzines et les pochettes des disques punks, Atsushi Kaneko s’est forgé un style graphique souvent comparé à celui de dessinateurs comme Charles Burns ou Paul Pope : une sorte de ligne claire rehaussée de grands aplats noirs qui lui donnent une ambiance irréelle, quasi surréaliste. Cette singularité est mise au service de thrillers magnifiques et bizarres.

Wet Moon, récit en trois volumes, met en scène l’inspecteur Sata dans une ville rongée par la corruption, à la fin des années 1960. Depuis un mystérieux accident dont il a tout oublié, Sata porte dans le crâne un inquiétant bout de métal qui lui cause hallucinations et amnésies. Comment mener son enquête dans ces conditions ?

  

Avec Wet Moon, quatre autres titres étaient en compétition pour le Prix Asie de la Critique ACBD 2014 :

  • Cesare de Fuyumi Soryo, Ki-oon
  • Le Chef de Nobunaga de Takurô Kajikawa & Mitsuru Nishimura, Komikku
  • San Mao, le petit vagabond de Zhang Leping, Fei
  • Space Brothers de Chûya Koyama, Pika

 

Membres actifs de l’ACBD ayant participé à ce vote :

Philippe Belhache, Hélène Beney, Jérôme Briot, Benoît Cassel, Laurent Cirade, Jérôme Dieuset, Stéphane Dubreil, Laure Garcia, Patrick Gaumer, Antoine Guillot, Brieg Haslé, Stéphane Jarno, Sébastien Kimbergt, Sébastien Langevin, Bernard Launois, Thierry Lemaire, Olivier Maltret, Sébastien Moig, Daniel Muraz, Jean-Christophe Ogier, Philippe Peter, Dominique Petitfaux, Fabrice Piault, Manuel Picaud, Frédéric Potet, Christophe Quillien, Gilles Ratier, Benjamin Roure, Florian Rubis, Denis Senié, Patrick Sichere, Anh-Hoà Truong, Laurent Turpin et Anne-Laure Walter.

 

L’ACBD remercie Japan Expo de son soutien.

 

Jérôme Briot,
coordinateur du Prix Asie de la Critique ACBD 2014
et le bureau de l’ACBD

Télécharger le communiqué
Diaporama des 5 titres sélectionnés pour le Prix Asie de la Critique ACBD 2014.

 

30 ans de l’ACBD : le mot du président

Actualité – juillet 2014

Chers adhérents, amis et partenaires,

La célébration, la semaine dernière, des 30 ans de l’Association des critiques et journalistes de bande dessinée a été un succès dont nous vous remercions chaleureusement, que vous y ayez participé directement, ou que vous fassiez partie tout simplement de cet univers de la bande dessinée qui justifie notre existence et dont nous sommes heureux de pouvoir contribuer, à notre niveau, à la promotion et au développement.

30 ans, à l’échelle de la bande dessinée, ce n’est pas rien ! À la création de l’ACBD, en 1984, la production annuelle était inférieure à 500 titres alors qu’elle est aujourd’hui dix fois plus importante ; beaucoup d’éditeurs aujourd’hui majeurs n’existaient pas tels Delcourt, Soleil, Bamboo ou encore les éditeurs de mangas ; la librairie spécialisée était encore artisanale ; Angoulême n’était encore qu’un rendez-vous de copains même si le futur festival avait déjà reçu une première consécration avec les visites de François Mitterrand et Jack Lang. 1984, année Orwellienne s’il en est, participe encore pour la bande dessinée de l’époque héroïque.

Pourtant, la nature particulière de l’ACBD s’est forgée dès ce moment là. On nous demande souvent si nous sommes une association de journalistes ou de passionnés. Nous sommes les deux, et nous l’étions dès le départ, comme le souligne volontiers Hervé Cannet, de La Nouvelle République du Centre-Ouest, grâce auquel j’ai pu reconstituer les premiers pas de l’association. La douzaine de fondateurs comprenait essentiellement des journalistes de la presse de province, localiers et secrétaires de rédaction, tels Ivan Drapeau, de La Charente Libre, qui en sera le premier président et qui fera quelques années plus tard un scoop majeur en retrouvant à Buenos Aires l’ancien maire d’Angoulême Jean-Michel Boucheron,  recherché pour des malversations financières. Il y avait là Hervé Cannet, qui lui succèdera très vite et jusqu’au tout début des années quatre-vingt dix comme président de l’ACBD ; Alain Bessec, d’Ouest-France ; Jean-Pierre Rémond, du groupe La Montagne ; Jean-Claude Chemin, de Presse-Océan ; d’autres journalistes du Télégramme, de Nice-Matin, du Républicain lorrain ou du Midi-Libre ; Sylvie Leanteaume, de l’AFP Bordeaux, seule femme à l’époque ; Pierre Ganz, de France Inter, ou encore l’essayiste et expert en BD Paul Herman. Ils se retrouvaient chaque mois de janvier à Angoulême dans un restaurant qui appartenait au photographe de La Charente Libre, Jacques Loll. « Nous sommes une génération de critiques et de collectionneurs », se souvient Hervé Cannet, qui précise même que « l’association a failli s’appeler Association des gros niqueurs de bande dessinée » !

Si l’ACBD est d’abord connue pour son Grand Prix de la Critique, c’est qu’il s’agit de son premier fait d’arme. Réunis en janvier 1984 à l’hôtel de France (aujourd’hui Mercure), à Angoulême, par Martine Jobart, alors attachée de presse du salon de la bande dessinée, ses futurs fondateurs voulaient décerner un prix original, qui récompense un album hors des sentiers battus. Son premier lauréat en sera Jean Teulé pour Bloody Mary (Glénat), dont le titre donnera pour quelques années son nom au prix. L’auteur reçut fort logiquement… un Bloody Mary, qu’il fut sommé de boire sur le champ. Mais je peux vous révéler aujourd’hui, grâce à Hervé Cannet, qu’il lui fut servi sans vodka : il n’était qu’onze heures du matin !

Discours de Fabrice Piault, président de l'ACBD, à la Galerie Oblique, pour les 30 ans de l'ACBD. Juin 2014.

photo © D. Pasamonik 2014
Discours de Fabrice Piault, président de l’ACBD, à la Galerie Oblique, pour les 30 ans de l’ACBD. Juin 2014.

 

Ivan Drapeau déposa les statuts l’année suivante mais, épousant la crise traversée à la fin des années quatre-vingt et jusqu’au début des années quatre-vingt dix par la bande dessinée, l’ACBD a connu des débuts plutôt chaotiques. C’est Gilles Ratier (L’Écho du Centre), toujours aujourd’hui notre secrétaire général, qui a véritablement structuré l’association. L’arrivée de la très dynamique et passionnée Marie-Pierre Larrivé, qui abattait à l’AFP un travail considérable pour donner une visibilité nationale à la bande dessinée, et qui formait avec Laurence Harlé (France Culture) un duo redoutable dans les débats internes pour le choix du Grand Prix de la Critique, a également donné une nouvelle dimension à l’association, comme celles de Jean-Christophe Ogier (France Info), qui la présidera pendant une vingtaine d’années, d’Yves-Marie Labé (Le Monde), de Laure Garcia (Le Nouvel Observateur) et de plusieurs essayistes et encyclopédistes tels Dominique Petitfaux, Patrick Gaumer, Yves Frémion ou encore Benoît Peeters et l’historien Pascal Ory.

L’ACBD a beaucoup évolué dans la dernière décennie. Depuis l’an 2000, le rapport Ratier fournit à tous les professionnels une analyse détaillée de la production annuelle de bande dessinée. En 2007 est créé le prix Asie-ACBD, remis chaque année lors de Japan Expo. En parallèle est lancée la sélection des 20 albums indispensables de l’été, « C’est l’été, lisez des BD ! ». L’association inaugure des rencontres avec les éditeurs du Syndicat national de l’édition, les libraires, les auteurs. Et, après avoir modernisé son site internet, elle a lancé cette année un fil Twitter et démarre une présence sur Facebook, où se prépare aussi un groupe de discussion interne aux adhérents. Enfin, elle s’ouvre à l’international, avec un groupe d’adhérents au Québec et, en Espagne, une association sœur, l’ACD Comic, qui s’est inspirée de notre organisation. L’ACBD reste ainsi, fidèle à sa mission de départ, une association de journalistes et d’experts qui veulent promouvoir le 9e art.

Je terminerai sur une anecdote, que m’a relatée Hervé Cannet. En 1984, en réalité, la première intention des journalistes réunis à l’hôtel de France n’était pas de créer un prix de la critique mais, plus modestement, dans l’esprit potache de l’époque, d’attribuer un prix orange du ou de la meilleur(e) attaché(e) de presse BD, et un prix citron du/de la plus désagréable ! Je peux révéler aujourd’hui que le prix orange a failli être attribué à Jean Léturgie, alors attaché de presse pour Glénat. Quant au prix citron…

Au plaisir de prochaines rencontres autour de la bande dessinée.
Bédéphilement vôtre,​

Pour le Bureau de l’ACBD, 

Fabrice Piault (Livres Hebdo)
Président de l’Association des Critiques et journalistes de Bande dessinée